Usages digitaux et monde du travail : et si on changeait de perspective ?

Une étude TNS Sofres publiée l’année dernière a montré qu’il y a encore 15% des salariés et 10% des dirigeants qui n’estiment pas que les technologies numériques ont eu un effet positif sur la qualité de leur travail. Il est vrai qu’automatisation et robotisation sont des termes qui peuvent encore susciter une certaine méfiance… Pourquoi donc ? Et s’il s’agissait simplement d’envisager le travail sous un autre angle ?

Le numérique signifie-t-il vraiment une diminution des emplois ?

On estime à près de 50% la part des métiers automatisables. Il ne s’agit pas uniquement des emplois non qualifiés : la robotique s’invite même dans les blocs opératoires pour remplacer les mains des chirurgiens ! Le numérique n’induit pas une diminution des emplois, mais vient plutôt consolider les processus existants afin d’offrir aux employés de bonnes conditions de travail et une meilleure rentabilité pour les entreprises. Le numérique est une opportunité pour les entreprises de gagner en qualité, et en compétitivité. Le résultat est une augmentation des ventes, une augmentation des commandes, et des embauches.
Bien sûr, un certain nombre de postes sont supprimés et remplacés par les outils numériques ou les robots. C’est bien cela qui effraie, et ce sur quoi on a tendance à vouloir se focaliser. Dans nos esprits, une perte d’emploi engendre la précarité – et c’est de cela que nous avons peur. Voilà pourquoi les personnes qui sont sur le marché de l’emploi et qui entrevoient une raréfaction des emplois ont tendance à s’inquiéter. Le chômage structurel et les inquiétudes qu’il génère ont tendance à provoquer une levée de bouclier quand les actifs se projettent dans l’avenir.
Plutôt que de se concentrer sur des scenarios catastrophes, il nous faudrait plutôt comprendre que nous avons peur du changement. Nous avons peur des transformations, des mutations, des révolutions. Nous avons peur car cela nous déstabilise. Une fois cela identifié, nous avons pour devoir de nous prendre en main. Nous devons nous former et continuer à progresser pour être en mesure de saisir les opportunités qui se présentent avec la transformation digitale des entreprises.
La transition digitale nous amène à une prise de conscience : le salariat tel qu’on l’a toujours connu, n’est plus la seule forme de travail envisageable. Une étude de l’INSEE a montré que la France créait plus de 1500 entreprises par jour dont 600 par des indépendants, le nombre de multiactifs a été multiplié par 2 en 10 ans et ce, grâce à des outils adaptés qui ont facilité ces évolutions.
Modifions donc notre angle de vue et considérons le potentiel de ces nouveaux usages.

Le CEO d’Adequasys répète dès qu’il en a l’occasion : « nous devons considérer les difficultés comme des opportunités ». Considérons la transformation digitale comme une opportunité de progresser, d’apprendre et de nous rapprocher de nos objectifs ultimes. »

Réinventons le travail grâce aux outils digitaux !

Pour les salariés

Les nouvelles générations choisissent leur métier par passion. Envisagé comme un vecteur d’épanouissement, le travail est attendu comme un idéal qui doit véhiculer du sens. Le travail n’est plus envisagé comme une contrainte mais s’adapte au contraire aux besoins et envies de chacun. Les grands noms du web comme la Plateforme GitHub, permettent ainsi à leurs employés non seulement d’aménager leur temps de travail comme ils le souhaitent mais aussi de travailler où bon leur semble, constatant que ceux-ci étaient ainsi plus efficaces.
C’est bien grâce à la transformation numérique que les employés peuvent ainsi aborder leur travail. Nombreux sont les salariés qui apprécient la souplesse et la flexibilité offerte par les usages numériques au travail. Une étude européenne menée par IDC a même mis en avant le lien entre le « bonheur au travail » et la flexibilité offerte par les usages digitaux en entreprise : accessibilité à distance, mobilité interne, travail à domicile, démarche BYOD (Bring Your Own Device)… Les employés sont ainsi nombreux à plébisciter les entreprises qui facilitent l’usage des outils digitaux de manière générale, que ce soit pour faciliter les processus ou pour améliorer les conditions de travail.

Pour les entreprises

De véritables mutations sont visibles au sein des entreprises. Grâce aux outils digitaux, la collaboration est désormais de mise : les collaborateurs travaillent ensemble, partagent plus leurs connaissances et leurs responsabilités, leurs boîtes à outils et leurs bonnes pratiques. Des outils collaboratifs sont mis à disposition pour développer la créativité et les initiatives. Nombreux sont les sièges d’entreprise, à l’instar Renault, AirBus ou Safran, qui offrent des Labs, véritables incubateurs d’idées ouverts aux collaborateurs créatifs et même aux entrepreneurs extérieurs. Les collaborateurs participent plus facilement aux processus de décisions et gagnent ainsi en compétence. Les outils de formation en ligne facilitent, par ailleurs, le gain de compétences. Et les PME ne sont pas en reste : nombreuses sont celles qui ont su exploiter le potentiel de leurs collaborateurs en favorisant l’intrapreneuriat.
On dit communément que les meilleures périodes économiques d’un pays sont celles qui suivent des ruptures ou des révolutions. Un pays qui s’endort sur ses acquis ne progresse plus. Transposons cela à l’entreprise : la révolution numérique apporte de nombreuses richesses aux entreprises, ne serait-ce que par le fait qu’elle les oblige à se remettre en question dans leurs processus et leur manière de fonctionner.

En observant les pratiques numériques dans le monde du travail par le prisme de l’opportunité et non de la peur, on réalise ainsi que l’avenir va permettre à chacun de concilier aspirations personnelles et vie professionnelle. Créativité, talent, singularité vont être plus que jamais mis en valeur et sollicités. C’est d’ailleurs le rôle que prennent progressivement les managers et les RH depuis plusieurs années et qui va s’accentuer : identifier et faire progresser les talents. Le développement de carrière ne sera plus envisagé sous l’angle de la compétition mais celui de la collaboration et de l’innovation grâce à des outils adaptés comme les plateformes d’innovation, à l’image de la plateforme Open Innovation de Procter & Gamble. Entreprises et salariés vont pouvoir imaginer une nouvelle forme de travail adaptée aux nouveaux usages.

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